Après deux nuits torrides avec l’olivier en rut qui campait au pied de la fenêtre ouverte (température oblige) de ma chambre, je ne suis pas au mieux de ma forme. Avec des yeux de lapin albinos, un chat dans la gorge, des limaces qui sortent des narines et une méduse asthmatique à la place des poumons, je ressemble plus à une créature du docteur Moreau qu’à un tranquille coureur de trail.
Cela ne m’empêche pas d’être présent, dès huit heures, dans le charmant village de Collobrières, capitale varoise des châtaignes, des sangliers et, en ce dimanche ensoleillé, du trail.
8H10 : Inscriptions sur la place centrale, au milieu du marché local. Fred est de nouveau avec moi, après la foulée caturige du
WE dernier. Nous héritons des dossards 452 et 455.
8H55 : Nous sommes 227 sur la ligne de
départ où Samuel BONAUDO et de dynamiques organisateurs assurent ambiance et séance d’échauffement en
musique.
9H00 : C’est parti pour 21km et 1100m D+. Sympathique traversée du bourg puis c’est la première difficulté : une raide pente bétonnée comme je ne les aime pas. Les
poumons sifflent, les jambes mollissent déjà, Fred en profite pour s’échapper. Ca commence bien ! Voilà ce qui arrive lorsque l’on ne dort pas la nuit...
9H10 : La pente se calme, le parcourt vallonné en sous bois se fait plus agréable. Nous nous élevons par paliers successifs. Je
trouve peu à peu mon rythme de croisière prévu pour la matinée (un paisible 7km/h qui est censé me préparer au trail des Cerces du 12 juillet).
9H40 : Je reviens sur Fred qui me semble en bonne condition et décide de faire la course avec lui.
9H43 : Nous basculons dans la première belle descente, une large et roulante piste forestière bordée d’eucalyptus, pins, châtaigniers, chênes lièges…
9H57 : Premier passage à guet en fond de vallon, j’en profite pour mouiller le buff. La température au soleil avoisine déjà les 30°C.Très agréable remontée ombragée le long du ruisseau. Merci aux organisateurs d’avoir climatisé cette partie du circuit.
10H00 : Premier ravitaillement, bénévoles souriants, ravito varié, banderole vantant les mérites d’une certaine marque de produits énergétiques étrangement absente des
tables.
Un tiers du kilométrage, un tiers du dénivelé, une heure de course, pile dans nos prévisions…
10h09 : Nous continuons à nous élever tout doucement, une jolie ferme à notre droite, quelques chèvres, un troupeau de moutons, des genets en fleurs, nous sommes en
Provence .
10H13 : Pittoresque petit guet, Fred en profite pour remplir sa casquette.
10H15 : Deux cavalières sellent leurs montures au bord du chemin. J’en prendrais bien une si seulement je savais la monter (la jument bien sûr).
10H18 : Nous traversons un paysage de garrigue. L’étroite sente serpente au milieu d’une dense mais (trop) basse végétation. Notre tête n’est plus à l’ombre, belle vue sur le massif des
Maures, les 30°C sont dépassés, j’ai la cervelle qui fait des bulles…Attention à ne pas venir fada avec ce soleil qui te fend le melon...
10h20 : Virage à droite, nous attaquons la seconde belle descente, régulière et ombragée, du circuit. Nous y croisons de magnifiques chênes
lièges.
10H45 : Après la descente, début de la remontée vers le second ravito. D’abord relativement facile, elle devient de plus raide et ensoleillée. C’est quasiment à quatre pattes et la langue
dans la poussière que nous gagnons le point d’eau (et de saucisson…).
11H00 : Nous quittons ce havre de paix et de bonne humeur. Il paraît que la mer n’est pas loin.
Deux tiers du kilométrage, deux tiers du dénivelé, deux heures de course, pile dans nos prévisions…
Oui, elle est là-bas en bas, à notre gauche. Nous apercevons l’île de Porquerolles à l’horizon pendant que nous cheminons en crête.
11H12 : Nous atteignons un petit point haut.
Belle vue panoramique. Mais belle vue = absence d’arbres = soleil qui commence à taper sérieusement sur la cafetière.
C’est reparti pour une longue descente. D’une belle et facile piste verte nous passons brutalement à une fantastique piste noire. Slalom spécial entre les arbres, j’ai rangé la caméra, mes mains me servent à m’accrocher aux branches. L’épais humus noir glisse juste ce qu’il faut. Trop bon.
11H25 : J’attends Fred au pied de la piste. Le skieur de la vallée de la Clarée n’a plus de cuisses…L’objectif des 3 heures s’éloigne petits pas à petits
pas.
11H35 : Petit répit après la descente, un replat, il reste environ 4km, Fred veut que je parte devant. Je refuse, j’hésite puis l’abandonne à son triste sort juste avant le dernier guet où
un merveilleux bénévole (bénit soit-il) asperge tout le monde au passage.
Dernière montée, la plus chaude, figues de barbarie, nous sommes en plein désert. Un gentil organisateur nous annonce « plus que » 300m d’ascension qui nous paraissent le double voire
le triple. Le pôvre, il a dû avoir les esgourdes qui sifflent….
11H54 : Une ruine en pierres sèches marque le sommet. C’est la dernière descente, le rideau sur la scène va tomber…
12H00 : Collobrières est à mes pieds, les clochent sonnent midi.Slalom géant dans les étroites et sinueuses venelles du village.
12H03 : Retour à la case départ, c’est l’arrivée.
Trois tiers du kilométrage, trois tiers du dénivelé, trois heures trois de bonheur, presque pile dans nos prévisions…
12H07 et 32°C : Fred le ptit frère est déjà là, il a perdu un peu de temps sur le dernier tiers.
Encore un petit effort et il est prêt pour le marathon ...
12H25 : Nous sommes quasiment les premiers à profiter d’un agréable petit repas bio pris à l’ombre des mûriers. La crème de marrons de Collobrières est un
délice…
Magnifique trail, bénévoles souriant( e )s organisation parfaite et
conviviale, parcours bien équilibré et surtout bien ombragé. Nous avons ainsi pu courir dans de bonnes conditions malgré une chaleur caniculaire. Expérience à
renouveller...
PS : Je tiens à préciser que l’olivier (sans majuscule) est un arbre des régions méditerranéennes .
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